Gonzalez Foerster, Dominique

Dominique Gonzalez-Foerster, Séance de Shadow II, 1999, Installation View, Esther Schipper; Photo: Courtesy de l'artiste, Esther Schipper, Berlin

Mes plus anciens souvenirs sont les premiers pas sur la lune ; j’appartiens à une génération dont l’obsession est de partir dans l’espace […]. Je cherche de nouveaux rapports, de nouveaux déplacements, une nouvelle manière d’engager la perception au niveau le plus physique.

Dominique Gonzalez-Foerster citée in Angeline SCHERF, « L’île musée », Expodrome, Paris, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, 2007, p.25.

Un jour, elle s’est emparée de l’ « exposition », espace ouvert où elle s’est installée. Elle l’appelle « exposition » mais ce pourrait aussi bien être une île, un voyage, une ville, une promenade, un vaisseau spatial, un parc, un tapis, un hôtel, une bibliothèque inépuisable et incomplète. Elle y revient régulièrement parce que c’est un endroit unique, où on ne vit pas et qui n’existe que lorsqu’il est partagé. Elle dit aussi « terrain de jeu », « possibilité de pensées », « surface érotique », « espace limite ».

Angeline SCHERF, « L’île musée », idem, 2007, p.25.

C’est en bouleversant nos codes et notre perception que le travail de Dominique Gonzalez-Foerster devient une plate-forme expérimentale au sein de laquelle le corps dialogue, transite et interagit pour s’abandonner à de nouveaux territoires sensoriels. Dans un monde où les dernières inventions technologiques servent à la communication entre les individus et se révèlent indispensables à nos besoins, Foerster se sert du corps pour relier et rassembler. Émetteur ou récepteur, ce corps n’en est pas moins un médiateur-lien perméable et un outil pour la création d’une zone de passage vers l’inconnu.

Dans Séance de Shadow II (1998), le spectateur est invité à circuler dans une pièce vide, un passage plongé dans une ambiance bleue. Dès son entrée, il réalise que ses ombres sont projetées sur les murs. Un temps « performatif » devient symptomatique de ce théâtre d’ombre faisant du spectateur un acteur se laissant immerger dans une expérience kinesthésique et célébrant la redéfinition d’un environnement désormais inédit.

Pour la Biennale Performa 2009, New York est devenu le terrain de jeu de Dominique Gonzalez-Foerster (K.62) où la mise en scène d’un théâtre sonore s’est transformée en un spectacle d’évènements et de rencontres inédites entre acteurs et public faisant de Manhattan, un archipel d’échanges et d’interaction.

M.B.

 

Plus d'information:

Dominique Gonzalez-Foerster, Alphavilles?, Dijon, Les Presses du réel, 2004.

Dominique Gonzalez-Foerster. Expodrome, Paris, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, 2007.

www.dgf5.com

www.performa.org