Anna BYSKOV
ANNA BYSKOV
Quelle est ta définition de la performance ?
La performance est un engagement du corps et de l'esprit qui assume une posture politique et artistique. L'action n'a pas besoin de revendiquer mais elle doit être sincère par rapport à son contexte (le corps, le temps et l'espace).
La performance est une création d'ambiance pour dégager un langage poétique d'une action éphémère qui traverse le temps pour devenir un souvenir éternel.
Peux-tu nous conter quelques mots sur ta première performance...
Ma première performance, La Fanfare, 2005 m'est encore très importante car j'ai saisi la fragilité, la précarité du corps et de la vidéo comme moyen d'expression. La Fanfare est un hommage au silence de John Cage malgré son paradoxe : Je déambule dans la ville de Nice en jouant du fifre, un pipeau pour devenir moi-même une fanfare. Je joue une partition de fifre et de tambours mais un silence s'installe car le reste de la fanfare est absente. Je m'imagine devenir le petit joueur de fifre de Manet, seule en me confrontant à la vie urbaine (les voitures, les gens et tous les imprévus). Cette expérience m'a permit de vivre et faire un art brut, cru et sans artifice pour m'exprimer.
Tu incarnes régulièrement des personnages archétypaux au bord de l'asphyxie dans tes performances et vidéo. Est-ce une réflexion sur les grands axes universels de notre structure sociétale ?
Dans mon travail, j'incarne souvent des personnages sur le fil d'un rasoir qui se retrouve en confrontation avec leur milieu. La fragilité et le bancal de la performance me permettent d'aborder les sujets de l'humiliation, de gêne, de honte et de suffocation. En tant au cœur d'une création fragile où mon corps fait face aux dilemmes humains devant un certain « public », tout peut basculer en tragédie. Les personnages trouvent souvent leurs forces dans la persévérance que se soit dans l'échec ou la réussite mais j'avoue n'être pas d'accord avec le contrat de vie que nous offre la société.
Angelika Markul vs Samantha Barroero

ANGELIKA MARKUL
vs
SAMANTHA BARROERO
Flash Backs ...
SB: Angelika Markul Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette galère?
AM: On naît artiste, on ne le devient pas.
SB: Sans ce parcours quelles étaient vos perspectives professionnelles ?
AM : Je ne me suis jamais posée la question. C'est ma vocation. Comme "devenir prêtre", c'est un choix de vie qui s'impose dans sa plus simple évidence. Sinon, peut-être un métier du design, architecte d'intérieur. J'aurai adoré faire des décors de théâtre.
CLOCKWISË

Du rock Addictif
Le groupe Clockwisë
Comment à débuté l'aventure?
Madibé (chant/guitare) : L'aventure a commencé pour nous en janvier 2011, je venais de passer quelques mois à Londres pendant lesquels je n'avais pas touché un instrument. Alors de retour à Paris j'ai proposé à Adrien (guitare), Charles (guitare), Elliot (batterie) et Adrien (guitare) l'idée de monter un groupe. Nous étions tous potes de plus ou moins longue date avant le groupe, mais on n'avait jamais eu l'idée de jouer ensemble puisque nous jouions presque tous dans des groupes différents. On s'est très vite mis à travailler un set sans penser au live et en ne se posant pas trop de question sur la direction musicale à prendre, l'idée était d'avoir une musique qui nous correspondait, dépasser la limite des « genres », même si dans le fond on était tous conscients que nos influences communes faciliteraient l'avancée de ce projet. On venait de passer un été à écouter l'album Innerspeaker de Tame Impala, alors forcément quand il a été question de prendre les instruments, les pédales à effets et les nappes de guitares se sont naturellement retrouvées au centre de notre musique.
Concernant le nom du groupe, on a simplement ouvert un livre sur le graffiti, posé le doigt sur une page ouverte au hasard, et c'est tombé dessus. Le « ë », c'est notre touche personnelle et on y tient, il nous différencie de la centaine d'autres groupes qui portent ce nom.
Comment définiriez vous votre musique?
Charles : Selon moi, c'est un mix inattendu entre pop rock aux accents de « good old Albion » et une énergie surf puisée au creux de la vague et à l'ombre des palmiers, le son de White Fence influence beaucoup mes parties guitares.
Madibé : Nous définirions notre musique comme « sunshine rock », tout en sachant que beaucoup réduiront ce terme à rock ou indie rock, et que nous ne sommes pas embêtés par ces raccourcis. Disons qu'on peinait à trouver un genre nous définissant précisément, et là c'est tout à fait nous : de la musique résolument rock qui se veut ensoleillée et positive même dans ses coins d'ombre (dans certains textes par exemple), et qui donne le sourire. On a essayé de faire de la mélodie notre figure de proue, sans pour autant négliger l'écriture. Même quand on abordera un thème noir comme la mort, on le fera de manière à confondre les sentiments de l'auditeur, en y ajoutant une note colorée. Les temps sont durs, tout le monde le sait, tout le monde en a conscience, et on part du principe que si tu dépenses de l'argent pour t'offrir un CD qui te fera broyer du noir tu t'infliges une double peine. Pour autant, nous sommes loin d'être Les Poppys.
En termes d'influences, la voix et les mélodies de Morrissey restent une inspiration de toujours pour moi, de même que les harmonies vocales des Beach Boys... Bon, on reste des jeunes normaux qui piochont aussi bien dans la pop de Blur que dans le son baggy des Happy Mondays, et c'est là l'avantage quand tu ne surfes pas sur une seule vague, c'est que tu peux réellement picorer partout. On a des influences diverses et on n'a pas honte de les citer.
Interview de Kaliane UNG

KALIANE UNG
Commençons si vous le voulez bien avec quelques mots sur votre parcours…
Je suis actrice et étudiante en master de philosophie contemporaine (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). J’écris des textes publiés dans des revues de poésie et des pièces sonores. Après une double licence d’anglais et de lettres modernes et un master en littérature comparée, j’ai étudié le théâtre au Cours Florent, puis à l’Atelier International de Théâtre Blanche Salant et Paul Weaver. J’ai ensuite complété cette formation avec la masterclass d’Anouk Grinberg au Point Ephémère avant de reprendre un cursus universitaire en philosophie. Mes recherches portent sur la littérature fin-de-siècle, les gender studies, l’histoire des sciences et la philosophie contemporaine, plus précisément sur les relations entre l’éthique et l’esthétique.
A partir de septembre 2013, je serai à nouveau étudiante, en thèse à l’Université de New York avec la bourse de mérite MacCracken.
Anne-Léonie AUER

ANNE-LEONIE AUER
Quelle est ta définition de la performance ?
En général c’est un médium ou une tradition artistique interdisciplinaire présenté à un public.
Personnellement je considère chaque action, chaque geste social comme performance. La limite entre « faire » une performance et « être » une performance s'atténue pour disparaitre. Par exemple les gestes transparents comme on peut les trouver chez Tino Sehgal.
Peux-tu nous conter quelques mots sur ta première performance...
Si je considère le geste social comme performance, il est difficile d’y répondre. La question serait plutôt d'imaginer à quel moment s'est imposé à moi cette façon de penser la performance.
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